22 avril 2008
Microsoft implante à Lille un gros incubateur de start-up (LEMONDE)
Microsoft implante à Lille un gros incubateur de start-up
LE MONDE | 21.04.08 | 09h44 • Mis à jour le 21.04.08 | 10h18
Lille, correspondant
Séduite par le nouveau parc Euratechnologie installé sur les rives de la Haute-Deûle à Lille-Lomme, le leader mondial des logiciels, Microsoft, a décidé d'y jouer un rôle de nounou… Le groupe informatique américain va y installer l'un de ses principaux incubateurs d'entreprises en Europe.
L'accord a été signé lundi 21 avril par Martine Aubry, maire (PS) et toute nouvelle présidente de la communauté urbaine de Lille, et Eric Boustouller, le président de Microsoft France. La venue de Jean-Philippe Courtois, le président de Microsoft International, illustre toute l'attention que la société américaine porte au projet. "Nous voulons affermir notre ancrage territorial", explique Marc Mossé, le directeur des affaires publiques de Microsoft France.
Après Lyon en février 2007, et plus récemment Paris, c'est Lille qui est ciblée. "A chaque fois, nous entrons en partenariat avec les collectivités et le bassin de start-up innovantes", poursuit M. Mossé. Microsoft devrait ainsi parrainer vingt créations d'entreprises de logiciels, sans contre partie, dans la logique de son programme "Idees", créé en 2005. "De 2005 à 2007, la croissance moyenne a été de 400 %, avec la création de 16 emplois par entreprise. Le but est de pousser l'emploi par des écosystèmes. Mais à Lille, nous installons en outre un site Microsoft, pour la première fois", insiste-t-il, sans toutefois préciser le montant de l'investissement.
Pourquoi Lille ? "Pour les synergies que nous ne trouvons pas ailleurs, répond M. Mossé. Je suis impressionné par la façon dont la métropole lilloise a été redynamisée en associant les dimensions économiques, sociales et sociétales." Microsoft signera un deuxième partenariat, avec le Picom, le pôle de compétitivité des industries du commerce, présidé par Arnaud Mulliez, président du conseil de surveillance d'Auchan France. "C'est stimulant. Nous ferons de Lille une des grandes métropoles européennes de l'innovation technologique. Nous aiderons les petites entreprises en leur donnant accès à notre réseau international et en les mettant en relation avec des capitaux-risqueurs", ajoute M. Mossé.
"UNE VILLE NUMÉRIQUE"
Un volet social est prévu avec la remise à niveau et l'embauche d'informaticiens au chômage. Quant au volet "sociétal", il comprendra la création d'un atelier de formation avec l'Union des associations familiales du nord (UDAF). "Microsoft doit faire de Lille une ville numérique, grâce à son projet d' e-citoyenneté : une carte à puce pour la vie quotidienne va être déployée", explique Pierre de Saintignon. Le premier adjoint de Mme Aubry a rencontré Bill Gates en janvier à Berlin lors du GLF (Global Leader's forum). "Nous voulons devenir la capitale européenne des logiciels et le plus gros incubateur de l'Europe du Nord", affirme Mme Aubry.
Les technologies de l'information et de la communication (TIC) concernent 20 280 salariés et 2 230 entreprises de l'agglomération lilloise. Le parc de la Haute-Deûle sera inauguré fin octobre sur le site des anciennes usines Le Blan – Laffon. Il vise une taille critique pour échanger avec les parcs de Barcelone, Berlin, Bangalore, Dubai et Hong Kong.
Un premier partenariat a été conclu avec Plug and Play Center, dans la Silicon Valley : Euratechnologie ouvrira un bureau en Californie, et les Américains feront de même dans le Parc lillois.
Les marchés veulent croire à la fin de la crise (LEMONDE)
Les marchés veulent croire à la fin de la crise
LE MONDE | 19.04.08 | 14h57 • Mis à jour le 19.04.08 | 14h57
La Bourse cultive le paradoxe. Une annonce a beau être catastrophique, elle peut être bien accueillie, et même très bien, pour peu que les investisseurs s'attendent à pire. Et, depuis le début de la crise financière, les courtiers ont été tellement sonnés par les dégâts provoqués que ni l'annonce par Citigroup, vendredi 18 avril, d'une perte trimestrielle de 5,1 milliards de dollars (3,24 milliards d'euros), ni les dépréciations de 9 milliards de dollars annoncées la veille par son homologue Merrill Lynch n'ont affolé outre mesure.![]()
L'organisation des Jeux olympiques est souvent un puissant stimulant pour les indices boursiers du pays organisateur. La Chine sera-t-elle l'exception à la règle ? La Bourse de Shanghaï a reculé cette semaine de 11,4 %, et celle de Shenzhen a perdu 13,6 %. Depuis le début de l'année, les indices de la République populaire affichent des performances négatives respectives de 10,9 % et 15,3 %. En 2007, ces places financières avaient pourtant impressionné par leurs progressions spectaculaires de plus de 90 %. Mais la bulle semble se dégonfler. La récession attendue aux Etats-Unis, qui pénalisera les débouchés chinois, ajoutée à une inflation galopante, inquiète les investisseurs. Certains opérateurs pensaient que la croissance explosive en Chine tiendrait jusqu'aux Jeux olympiques (du 8 au 24 août), aujourd'hui ils en doutent.
Bien au contraire : l'action de Citigroup a rebondi de 4,49 % vendredi et celle de Merrill Lynch de 4,05 % jeudi. "Le marché s'attendait à des faillites dans le secteur bancaire", explique Philippe Waechter, directeur de la recherche chez Natixis Asset Management. Ces nouvelles ont donc presque rassuré. Pour certains investisseurs, ces chiffres spectaculaires sont aussi le signe de la fin prochaine de la crise, les banques ayant ainsi épongé l'essentiel des pertes provoquées par l'effondrement du prix des subprimes, ces crédits hypothécaires à risque américains. La tendance des principales places financières au cours de la semaine du 14 au 18 avril semble confirmer ce sentiment que le pire est peut-être passé.
A New York le Dow Jones a pris 4,25 % et le Nasdaq 4,92 %. En Europe, le CAC 40 a progressé de 3,41 %, le Footsie de Londres de 2,73 % tandis que le DAX allemand a pris 3,63 % sur la période.
Les investisseurs demeurent toutefois prudents. "L'environnement économique reste très préoccupant", remarque M. Waechter. Aux Etats-Unis, les signes de la récession s'accumulent. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ont augmenté début avril et l'activité industrielle s'essouffle. En Europe, à la croissance molle s'ajoute l'inflation, jugée "inquiétante" jeudi par Axel Weber, l'un des membres de la Banque centrale européenne (BCE). En zone euro, la hausse des prix en mars a atteint 3,6 % sur un an, du jamais-vu depuis 1999. A terme, cette inflation, alimentée par la flambée du pétrole et des matières premières, pèsera sur l'économie.
ACHATS EN RECUL
En France les consommateurs boudent déjà les produits de marque. Selon un sondage Nielsen et Iris-Secodip, les achats en volume de ces produits ont reculé en janvier, février et mars, pour la première fois depuis 2001, au profit d'articles de maxidiscompte.
Ainsi, les établissements bancaires en ont peut-être bientôt fini avec les dépréciations spectaculaires, mais la crise gagne progressivement les autres secteurs de l'économie. Le marché automobile européen, par exemple, s'est contracté de 9,5 % en mars, selon des données publiées mardi 15 avril par l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA).
La difficulté d'accès au crédit, la hausse du coût des matières premières, la frilosité des consommateurs vont mettre en difficulté les entreprises les plus fragiles. Les leaders de leur secteur, capables d'imposer leurs prix à leurs fournisseurs ou aux consommateurs, et assez riches pour ne pas dépendre des banques, sont plus à l'abri. Il en est ainsi de Nestlé en Suisse ou de Google aux Etats-Unis, dont les résultats publiés cette semaine ont confirmé la robustesse de leurs positions.
"Les résultats des entreprises sont mitigés", atteste Sébastien Lemonnier, gérant chez Tocqueville Finance. Au moment de la tempête boursière, les investisseurs qui sanctionnaient tout un secteur sans différenciation "procéderont avec plus de discernement", prédit-il. D'autant plus que, selon lui, "contrairement aux autres crises il n'y a pas, cette fois-ci, de secteurs véritablement défensifs".
Les entreprises des télécommunications ou celles de la pharmacie, censées être plus épargnées, ont aussi souffert. En France, le titre de l'opérateur France Télécom a notamment reculé de 10,60 % cette semaine. Les analystes s'interrogent sur l'éventuel rachat du scandinave TeliaSonera (Le Monde du 19 avril). Ils craignent le retour des acquisitions d'envergure, qui, au début des années 2000, avaient mené certains opérateurs au bord du gouffre.
Article paru dans l'édition du 20.04.08.
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Elie B.
19.04.08 | 15h20
Super ! On peut recommencer a spéculer n'importe comment sur n'importe quoi ...
Oriflam
19.04.08 | 15h49
C'est ça, on y croit! Continuez à nous prendre pour des c...!!
JUAN H.
19.04.08 | 17h59
Que les marchés puissent continuer à prendre leurs désirs pour la réalité ne démontre qu’une chose : la «main», si chère au père Adam SMITH, censée les animer depuis des lustres... déjà invisible... est désormais folle ! : ne voit-elle donc pas ces banques craquant les unes après les autres... et cette récession qui gagne, sans entrave, les 4 coins du monde qu'elle a voulu global !... n’épargnant pas même la première de la classe : la Chine, tant adulée de tous, ne flageole-t-elle pas aussi ?...
Benjamin B.
19.04.08 | 21h07
Les marchés sont responsables de la spéculation sur les céréales (qui ont pris le relais sur celle du pétrole), ils affament et tuent des milliers de gens chaque jour. Et dire que ce sont les Veaux d'Or de Sàrközy... C'est un crime contre l'Humanité, ni plus ni moins.
L'échec de l'iPhone pousserait Orange et Apple à renégocier (LEMONDE)
L'échec de l'iPhone pousserait Orange et Apple à renégocier
18.04.08 | 08h02
ARIS (Reuters) - Le prix du "smartphone" d'Apple pourrait fortement baisser en France dans les prochaines semaines, grâce à une subvention d'Orange (groupe France Télécom), lit-on vendredi dans le quotidien Les Echos.
L'iPhone ne s'est vendu qu'à 100.000 exemplaires depuis son lancement fin novembre, ajoute-t-il.
"Le groupe californien est en train de tirer les leçons de l'échec de son iPhone en France et en Europe, et de revoir son modèle économique", explique-t-il.
A ce titre, deux responsables d'Orange, Louis-Pierre Wenes, directeur exécutif pour la France, et Alice Holzman, directeur marketing de l'opérateur, ont pris l'avion en début de semaine pour Cupertino, dans la Silicon Valley où ils ont rencontré Tim Cook, le directeur général de la marque à la pomme.
Ils auraient discuté des modalités de la baisse des prix du "smartphone" d'Apple en France. "Il y a une pression forte d'Apple pour passer à un modèle subventionné", ajoute Les Echos, citant une source proche d'Orange.
Interrogé par le quotidien, l'opérateur dément ces informations, indiquant qu'"il n'est pas question de changer le modèle économique de l'iPhone" et que "tout se passe très bien".
France Telecom s'est refusé à tout commentaire vendredi lors d'une conférence téléphonique sur un éventuel rapprochement du groupe avec le groupe suédois TeliaSonera.
Orange n'a vendu que 100.000 iPhone en France. T-Mobile en Allemagne en avait commercialisé 70.000 à la fin janvier et le britannique O2, 200.000 alors qu'Apple a fixé un objectif de 10 millions d'exemplaires dans le monde d'ici à la fin de l'année, rappelle Les Echos.
Jean-Michel Bélot
Pékin Express soupçonné de tricherie, M6 contre-attaque (TVMag)
Pékin Express soupçonné de tricherie, M6 contre-attaque
Le Mag • Le 05/03/2008 par Nicolas Vollaire La nouvelle a tout l'effet d'une bombe lâchée dans le petit monde de la télé. Dans son édition d'aujourd'hui, Le Canard enchaîné affirme que le jeu de M6 Pékin Express est à la fois "bidonné" et "scénarisé". Le Canard enchaîné se base sur les révélations de Philippe Bartherotte et Christophe Gallot, deux anciens collaborateurs de Studio 89 Productions, la filiale de M6 qui produit l'émission. L'hebdomadaire satirique révèle ainsi les multiples directives utilisées par la production pour "dicter ses choix et ses préférences" dans le jeu d'aventure. Ainsi, Le Canard enchaîné affirme que les "consignes éditoriales rédigées par les patrons de la boîte de production sont ensuite distribuées aux journalistes avant chaque étape". Selon les besoins de l'audimat, la production dicterait de cette façon ses choix dans le déroulement de Pékin Express. Selon un témoignage paru dans Le Parisien, la production sait, dès le départ des étapes, les équipes qu'elle ne veut pas voir perdre, celles qui font le spectacle et celles qui doivent participer aux épreuves. Favoritisme pour certaines équipes Contacté par Le Canard enchaîné, Christophe Gallot raconte : "J'ai été témoin de méthodes rédactionnelles visant à favoriser certaines équipes. Et j'ai dénoncé ces faits à plusieurs reprises auprès de la production et de M6." Ce favoristisme prendrait plusieurs formes au cours de l'émission : voitures tombées du ciel au dernier moment, chauffeurs connaissant déjà la destination des candidats et automobilistes payés par la production. Le Canard enchaîné affirme également que d'anciens concurrents de Pékin Express réfléchissent à une action en justice contre M6. M6 assigne en diffamation Du côté de M6, la réaction ne s'est pas fait attendre. Joint par Le Canard enchaîné, Philippe Stoltz, le directeur de la production de Pékin Express affirme : "Ces accusations sont infondées ! Il y a des gens formidables dans ces pays. C'est ça la magie de Pékin Express." Magie ou pas, M6 et sa filiale Studio 89 productions ont décidé d'assigner en diffamation ses deux anciens collaborateurs, Philippe Bartherotte et Christophe Gallot, suite à la parution de l'article dans Le Canard enchaîné. Un nouveau gros pavé dans la mare de la télé-réalité.
Eric Woerth veut accentuer la lutte contre la fraude fiscale et sociale (LEMONDE)
Eric Woerth veut accentuer la lutte contre la fraude fiscale et sociale
LE MONDE | 16.04.08 | 10h58 • Mis à jour le 16.04.08 | 16h28
Le ministre des comptes publics, Eric Woerth, devait présenter, mercredi 16 avril, en conseil des ministres, un projet de décret relatif à la coordination de la lutte contre la fraude fiscale et sociale, qui représente, selon le Conseil des prélèvements obligatoires, entre 29 et 40 milliards d'euros par an. Ce décret crée une délégation nationale de lutte contre la fraude (DNLF) et prévoit l'expérimentation de cellules de lutte contre les fraudes fiscales et sociales conjointes au niveau départemental et régional.
La DNLF est une structure légère de quinzepersonnes, à la tête de laquelle devrait être nommé, mercredi 23 avril, Benoît Parlos. Elle aura notamment pour mission de coordonner les actions des services de l'Etat et des organismes intervenant dans le champ de la protection sociale (Caisse nationale d'assurance-maladie, Caisse nationale d'allocations familiales, Unedic, etc.).
CROISEMENT DES FICHIERS
La nouvelle délégation a vocation à apporter plus de transversalité dans la lutte contre la fraude en l'abordant sous tous ses aspects : juridiques, techniques, financiers, etc. L'Etat et les principales caisses nationales de Sécurité sociale ont d'ailleurs signé, le 3 avril, une convention qui vise à mettre en commun les informations disponibles et à faciliter les échanges de données.
La clé de voûte de cette politique est le croisement des fichiers informatiques et leur exploitation en aval entre les services ou organismes fiscaux ou sociaux. La DNLF doit aussi mettre à profit la présidence française de l'Union européenne pour renforcer la coopération, notamment contre la fraude aux cotisations sociales et à la TVA intracommunautaire.
Dans un rapport sur l'état de la lutte contre la fraude fiscale, le Syndicat national unifié des impôts (SNUI), membre de Solidaires, a souligné, mardi, "le niveau alarmant" de la fraude à la TVA intracommunautaire, son coût budgétaire et social élevé. Il a réitéré sa proposition d'instauration d'un "serpent fiscal européen" qui harmoniserait progressivement les fiscalités et les procédures, et préconisé un renforcement des moyens humains du contrôle. En 2007, il y a eu 52 292 contrôles sur place portant sur un montant d'"impôt éludé" de 7,03 milliards d'euros.
21 avril 2008
Sarkozy invite Jin Jing, malmenée lors du passage de la flamme (REUTERS)
Sarkozy invite Jin Jing, malmenée lors du passage de la flamme
21.04.08 | 11h46
ARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a adressé des excuses et une invitation une jeune escrimeuse chinoise handicapée, Jin Jing, malmenée par des manifestants pro-tibétains à Paris alors qu'elle portait la flamme olympique, apprend-on auprès de l'entourage du président français.
"Je voudrais vous dire toute mon émotion pour la façon dont vous avez été bousculée à Paris le 7 avril", écrit le chef de l'Etat dans ce message lu, puis remis en main propre à la jeune femme lundi matin heure de Paris, par le président du Sénat Christian Poncelet, à Shanghaï.
"Vous avez fait preuve d'un courage remarquable qui vous fait honneur et, à travers vous, à tout votre pays", ajoute Nicolas Sarkozy.
Il dit comprendre que "la sensibilité chinoise ait été blessée" par ce qui s'est passé à Paris lors du passage de la flamme olympique et en particulier par "l'attaque inadmissible" dont la jeune femme, en fauteuil roulant, a été victime.
Il lui propose de venir en France dans les prochaines semaines comme son "invitée personnelle" et celle du peuple français et assure que les incidents du 7 avril "ne reflètent pas les sentiments de (ses) concitoyens pour le peuple chinois".
Deux autres émissaires du président français seront porteurs dans les prochains jours de messages d'apaisement adressés aux dirigeants chinois, l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le conseiller diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte.
Depuis les manifestations du 7 avril contre la répression chinoise au Tibet, qui ont perturbé le passage de la flamme olympique à Paris, la Chine est le théâtre de défilés visant la France et les intérêts français en Chine, comme la chaîne de grande distribution Carrefour.
Nicolas Sarkozy n'a pas dit s'il irait ou non à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août. Mais il a souhaité la reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le guide spirituel des Tibétains, le dalaï-lama.
Emmanuel Jarry
Un fonctionnaire de la culture meurt chez un dirigeant de TF1 (LEMONDE)
Un fonctionnaire de la culture meurt chez un dirigeant de TF1
LE MONDE | 19.04.08 | 14h21 • Mis à jour le 19.04.08 | 14h21
Le patron de TF1 International, Patrick Binet, a été placé en garde à vue, jeudi 17 avril, après la découverte d'un homme mort à son domicile, dans la nuit de mardi à mercredi, dans le 11e arrondissement de Paris, selon une information révélée par le Point.fr.
Le dirigeant de cette filiale de TF1, spécialisée dans l'acquisition et la distribution de droits audiovisuels du groupe, qui avait appelé les secours, était encore entendu vendredi par les enquêteurs de la 2e division de la police judiciaire (DPJ). Un troisième homme, présent sur les lieux au moment des faits, s'est présenté à la police jeudi après-midi et a été aussi placé en garde à vue.
Selon nos informations, la personne décédée travaillait au ministère de la culture. Il s'agit de Fabrice Lesueur, 40 ans, chef du bureau du cabinet, et à ce titre, chargé de l'intendance du cabinet du ministre. L'entourage de la ministre, Christine Albanel, qui confirme la nouvelle du décès, disait attendre, vendredi soir, des éléments de l'enquête. "C'était un garçon très sérieux, très rigoureux, disponible, ponctuel et précis", précise-t-on.
MÉLANGE TOXIQUE
Selon toute vraisemblance, M. Lesueur serait mort d'un arrêt cardiaque consécutif à l'absorption d'un mélange toxique. Les analyses auraient montré la présence de GHB, ou gamma hydro butyrique, dite aussi "drogue du violeur". Ce produit, à l'origine utilisé en anesthésie, agit comme un modulateur sur le système nerveux. Il peut désinhiber une personne angoissée et est utilisé comme une drogue.
Parfois appelé de façon impropre l'ecstasy liquide, le GHB devient particulièrement toxique lorsqu'il est mélangé avec de l'alcool. A partir des années 1990, le GHB a acquis la réputation de drogue du violeur car, versé dans un verre, il est presque indétectable au goût et à l'odeur. Les "stups" ont été co-saisis de cette affaire.
Article paru dans l'édition du 20.04.08.
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Infochoc
19.04.08 | 15h48
Notre journaliste oublie de preciser que le GHB est la drogue du violeur parce que la victime se laisse faire et se reveille le matin sans savoir ce qui lui est arrive. Si l'on prouve que Patrick Binet a utilise cette cochonnerie pour abuser de Fabrice Lesueur, j'espere que la justice ne le ratera pas. En tout cas, bravo Le Monde, c'est une vraie info et le titre est bien accrocheur.
lio
19.04.08 | 18h01
Consommer ou être victime de GHB n'est pas neutre. Le GHB ne fait pas que "désinhiber une personne angoissée" : c'est la drogue des partouzes et du viol, pour obtenir des personnes "coopératives" et "résistantes" à la performance sexuelle (levée des inhibitions normales, indifférence à la situation, même dangereuse, etc..). Amnésie et troubles cardiaques à la clé, pouvant aller jusqu'à la confusion mentale et la mort. http://fr.wikipedia.org/wiki/GHB http://www.etape.qc.ca/drogues/ghb.htm
Onépadécon
19.04.08 | 18h37
Est-ce que TF1 va en parler au Journal de la France profonde (celui de J.P. Pernot à midi qui nous informe sur les crottes de chien et celui de 20h de P. Poivre d'Arvor qui gomme tout ce qui pourrait ternir l'image des puissants du moment)? D'accord, j'exagère, je ne regarde jamais le journal de TF1...
vl
19.04.08 | 20h31
C'est bien connu, à TF1 on tue la culture.
Pipelette
20.04.08 | 10h43
Le meilleur et plus astucieux commentaire : celui de vl "C'est bien connu à TF1 on tue la culture". Rien à ajouter! Sinon, quand même, que je trouve assourdissant le silence autour de ce fait divers.C'est révélateur de la façon dont les medias établissent les priorités de leurs infos, en mettant le couvercle sur ce qui pourrait faire désordre pour les intérêts des copains-coquins et en nous bourrant le crâne avec ce qui est destiné à faire un écran de fumée...
La Corée du Sud tentée par le néo-libéralisme (LEMONDE)
POLITIQUE ÉCONOMIQUE
La Corée du Sud tentée par le néo-libéralisme
LE MONDE | 21.04.08 | 15h34 • Mis à jour le 21.04.08 | 15h34
Grâce à la majorité obtenue par le Grand Parti national (GPN) aux législatives du 9 avril, le président Lee Myung-bak devait être à même de mettre en œuvre la politique de croissance promise. Mais les difficultés de l'économie américaine, le renchérissement du pétrole et le faible taux de participation aux élections (46 %), qui signifie qu'il ne peut se prévaloir d'un vote de confiance, pourraient l'amener à revoir ses ambitions.
D'autant plus que l'inculpation, le 17 avril, pour abus de pouvoir et évasion fiscale, de Lee Kun-hee, président du conglomérat Samsung, risque de le contraindre à être moins favorable aux chaebols (grands groupes industriels), sur lesquels il comptait pour stimuler la croissance. Après la condamnation à trois ans de prison en février 2007 du président de Hyundai Motors, Chung Mong-koo (ramenée sept mois plus tard à un simple sursis), ce nouveau scandale témoigne de l'inefficacité des mesures prises par les gouvernements précédents pour enrayer les pratiques douteuses auxquels se livrent en quasi-impunité les dirigeants des chaebols.
Les citoyens réclament une plus grande transparence dans la gestion de l'Etat et dans les rapports de celui-ci avec les groupes industriels. Plusieurs ministres choisis par M. Lee lors de la formation du cabinet ont dû être écartés en raison d'allégations de corruption.
La Corée du Sud a connu des dictatures militaires, puis des gouvernements de centre gauche, mais n'avait encore jamais aspiré à être dirigée comme une entreprise. C'est la voie sur laquelle elle s'est engagée en élisant Lee Myung-bak. Celui-ci a fait l'essentiel de sa carrière au sein du groupe Hyundai, dont il a dirigé la filiale de construction. Surnommé le "bulldozer", il a la réputation d'être un "gagnant" et les Coréens ont pensé qu'un dirigeant d'entreprise pourrait redynamiser une économie qui, à leurs yeux, n'est plus performante.
En dépit d'une croissance enviable (5 %) et d'entreprises parmi les plus compétitives du monde, ils sont moroses : inégalités croissantes, difficultés des jeunes à trouver un emploi, spectre d'une Chine en pleine expansion et d'une récession aux Etats-Unis... La social-démocratie dont se réclamaient les gouvernements des dix dernières années n'a pas répondu à leurs attentes. Lee Myung-bak a mobilisé les espoirs en promettant de "passer de l'âge de l'idéologie à celui du pragmatisme".
DÉRÉGLEMENTER, PRIVATISER
Les recettes ? Déréglementer ; signer davantage d'accords de libre-échange ; stimuler la concurrence ; attirer les investissements étrangers, réduire la taxe sur les entreprises, relancer les privatisations et faire la part belle aux grands travaux.A la tête de Hyundai Construction, M. Lee a été le maître d'oeuvre d'une des autoroutes urbaines de Séoul ; maire de la capitale il y a quelques années, il a remis en état une rivière du centre-ville qui était devenue un égout à ciel ouvert. Aujourd'hui, il veut lancer un projet titanesque : la construction (pour 20 milliards de dollars) d'un canal de 540 kilomètres entre Séoul et Pusan, le grand port au sud de la péninsule ; mais les écologistes y voient un désastre environnemental et les économistes s'interrogent sur sa rentabilité.
Le slogan "La croissance d'abord" plaît aux Coréens. Pauvre il y a cinquante ans, leur pays est devenu la neuvième économie du monde et est membre de l'OCDE. Mais ils se font mal à l'idée d'une croissance plus faible. Le président a déjà dû réduire les objectifs de son programme, "747" : 7 % de croissance annuelle, 40 000 dollars de revenus par tête et la projection de la Corée à la 7e place des économies mondiales.
Beau programme, dont on peut se demander s'il peut remédier aux problèmes d'une partie croissante de la population dont les conditions de vie se dégradent.
Article paru dans l'édition du 22.04.08.
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Apollon
21.04.08 | 17h00
Conclusion irrationnelle : le but affiché est une forte croissance et des hauts salaires et ça ne profiterait pas à la "partie croissante de la population dont les conditions de vie se dégradent"? Mais conclusion bien compréhensible : toute politique libérale offre l'occasion de ressortir les poncifs habituels sur le manque de préoccupation sociale, comme si une politique de croissance et de haut revenu n'était pas sociale.
bart simpson
21.04.08 | 19h11
"les Coréens ont pensé qu'un dirigeant d'entreprise pourrait redynamiser une économie qui, à leurs yeux, n'est plus performante". 5% de croissance, des entreprises en pointe sur les marchés à forte valeur ajoutée, + de 30% d'augmentation du nombre de brevets déposés auprès de l'OMPI EN 2007... Beaucoup de pays rèveraient d'avoir une économie aussi "peu performante"...
Jean - Pascal L.
21.04.08 | 19h58
Titre aussi accrocheur que mensonger. La relance par l'Etat et les investissements publics ne relève pas du libéralisme mais du keynésianisme.
Flamme olympique : la campagne antifrançaise s'accentue en Chine (LEMONDE)
Flamme olympique : la campagne antifrançaise s'accentue en Chine
LE MONDE | 15.04.08 | 14h36 • Mis à jour le 15.04.08 | 21h29
SHANGHAÏ CORRESPONDANT
L'Internet chinois est le lieu d'une contre-offensive virulente des "Jeunes en colère" (Fen qing), sorte de faction nationaliste des internautes chinois, rassemblés autour de l'athlète handicapée malmenée lors du parcours de la flamme olympique à Paris et devenue, depuis, le symbole de l'agression contre la Chine.
Une chasse à l'homme a été lancée, en ligne, contre l'un de ses agresseurs et une campagne de boycottage des produits français prend forme, relayée par l'Internet et des messages SMS. Lundi 14 avril, d'après un témoin chinois qui l'a reçu, circulait à Shanghaï le message suivant : "N'achetons rien à Carrefour : l'un de ses grands patrons a donné beaucoup d'argent au dalaï-lama ; donc, boycottons Carrefour, au moins pour les 130 jours qui restent avant la fin des JO. Montrons-leur le pouvoir de l'Internet ! Faites passer ce message à tous ceux qui aiment notre pays !" D'autres SMS proposent de boycotter des marques du groupe LVMH ainsi que L'Oréal, mais bon nombre de ces appels, dont certains contenaient des invectives contre la France, ont été "nettoyés" depuis.
Une vidéo intitulée "Protestation contre Paris" circule également. on y voit, au milieu d'une foule de curieux, une jeune fille portant un tee-shirt rouge et une pancarte sur laquelle figurent des clichés de la jeune handicapée chinoise. On distingue, en anglais, les mots suivants : "... les droits de l'homme en France". La jeune fille discute avec un policier qui tente de la persuader poliment de ne pas manifester. "Vous regardez Internet ?", demande-t-elle, obstinée. Selon certains messages, difficiles à vérifier, l'action de la jeune femme aurait eu lieu à proximité du magasin Carrefour à Pékin. Dans la capitale chinoise ainsi qu'à Shanghaï, des responsables de la mission économique française, interrogés sur le boycottage, jugent qu'"il n'y a pas d'impact encore ; on regarde de très près, bien sûr, on est en train de rassembler le plus d'éléments possible, mais cela pourrait n'être qu'un feu de paille". En 2005, de violentes manifestations antijaponaises avaient eu lieu dans plusieurs villes de Chine, ainsi qu'une campagne contre les produits nippons suite à ce que les Chinois avaient perçu comme une série d'"affronts" de la part des Japonais.
Parce qu'elle a stoïquement protégé la flamme et s'est fait malmener à Paris sur son fauteuil roulant, Jin Jing, escrimeuse de 28 ans amputée très jeune d'une jambe à cause d'un cancer, est désormais connue de tous les Chinois. Sur Internet et dans les médias, les photos la montrent lors du relais olympique à Paris, d'abord souriante, la flamme dans les mains, tandis que le petit cortège qui l'accompagne et pousse son fauteuil roulant se met en route.
Une personne apparaît avec un drapeau tibétain, et Jin Jing se crispe. Sur un autre cliché, un manifestant se fait menaçant. La jeune femme protège la flamme en la plaçant sur le côté, avant qu'un policier français n'intercepte le manifestant. Puis un jeune homme, en apparence tibétain, avec un bonnet aux couleurs du Tibet libre, s'agrippe à la flamme, soulevant Jin Jing de son fauteuil, coincé entre une voiture et un véhicule de gendarmerie. A chaque offensive, Jin Jing, les yeux pleins d'effroi, mais résolue, s'accroche à la flamme. Puis, en gros plan, une autre photo montre son visage les yeux fermés, la flamme contre sa poitrine, éteinte. Enfin, la jeune fille brandit le trophée, apaisée - à la fin de son parcours, probablement, si l'on en croit l'ordre des clichés.
Dans ce que les sites Internet reflètent de l'opinion publique, l'émotion est forte : on la compare à un "ange sur un fauteuil roulant", on la qualifie d'"héroïne". Très vite, les internautes ont aussi montré une photo du principal agresseur de Jin Jing, puis son visage en gros plan, accompagné de la mention "Wanted". En quelques jours, des internautes ont réussi à l'identifier : ils donnent son nom et son adresse, à Salt Lake City, dans l'Utah. Sur un autre message apparaît la photo de l'entrée de son domicile, sa localisation sur Google Earth, ainsi que la société américaine pour laquelle il travaillerait, et toutes ses adresses e-mail. Le jeune homme se serait déjà, auparavant, fait remarquer à Londres, où la police l'aurait détenu momentanément après qu'il s'en était pris à l'un des porteurs de la torche.
Vendredi 11 avril, l'agence Xinhua et nombre de médias ont repris l'une des photos de l'épreuve traversée par Jin Jing, dans un éditorial intitulé "Paris se donne une claque". Les médias français qui ont titré sur le "fiasco" du passage de la flamme et la "claque donnée à la Chine" y sont tancés. "Certains médias français prétendent que Paris est une ville libre et que tout le monde a le droit de se rassembler et de manifester sans intervention du gouvernement...", explique un long éditorial de l'agence.
Et de poursuivre : "Les actions de certains extrémistes qui ont attaqué les porteurs de la flamme ne peuvent plus être considérées comme légales ou non violentes... Les Chinois ont été profondément perturbés et blessés par la scène chaotique durant laquelle un extrémiste a tenté d'arracher la torche à une jeune Chinoise handicapée et sans défense... Est-ce ça, le comportement civique du gouvernement français ? La gifle est-elle pour la Chine, ou pour la France ?"
En conclusion l'éditorial rappelle que la traduction en chinois de France, Faguo, signifie le "pays de la loi", mais que "reporters, journalistes et hommes de loi y ont perdu la capacité de séparer le bien du mal".
Article paru dans l'édition du 16.04.08.
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Emile
15.04.08 | 14h44
Comme c'est beau, ce grand élan de compassion envers la pauvre petite handicapée. A côté de ça, je me demande combien de mineurs de fond, combien d'ouvriers perdent des membres dans les mines de l'Ouest de la Chine, combien d'ouvriers chinois crèvent de misère. Ces jeunes internautes, gosses de riches de Shanghaï et Pékin, se soucient-ils d'eux ?
xXx
15.04.08 | 15h53
Quelle est la réalité de ce boycottage ? Réel mouvement "populaire" ou juste buzz internet médiatisé.
Jib.
15.04.08 | 16h23
En terme de droit de l'homme et de présence policière pour moi qui revient de l'étranger on peut se demander si la France a si naïvement le droit de donner des leçons à la Chine...
Cyrano
15.04.08 | 16h44
Très bonne idée, vu le déficit commercial de la France vis-à-vis de la Chine ! Nous ne devons plus accepter de commerce avec ce pays de voleurs (contrefaçons, concurrence déloyale, libéral-communisme) qui mettent sur la paille les Français (assez de la fable de la baisse des prix, les détaillants gonflent leur marge). Et tant pis pour les multinationales tricolores qui produisent en Chine et réimportent en France, tout comme pour l'Allemagne, qui engrange les profits et nous laisse les pertes !
mdnor
15.04.08 | 16h47
tiens !tiens! les chinois nous font la morale !! c'est à mourir de rire !!! c'est vrai que les droits de l'homme sont vraiment au goût du jour en Chine...& ça on l'ignorait !!!!
Le+Glaude
15.04.08 | 16h55
Et alors ? On ne va pas s'aplatir pour quelques contrats ! J'espère que nous avons plus de dignité que ça ! De toute façon, ils sont encore sous le coup de la propagande. Dans quelques semaines, il n'y penseront plus.
Eric B.
15.04.08 | 16h58
Effectivement, agresser cette jeune athlète handicapée pour éteindre la flamme, ce n'était pas glorieux, mais en faire le porte drapeau d'une campagne anti-française, est tout aussi consternant. Que les internautes nationalistes chinois l'utilisent pour appeler au boycott prouve qu'ils sont tout aussi manipulés que les autres médias chinois. La France a eu raison de laisser s'exprimer les tibétains à Paris et en dépit des abus tels que celui concernant Jin Jing, le message est passé 5/5.
ayndia
15.04.08 | 17h02
Les J.O sans moi ,un téléspectateur de + ou de - leur fera pas de grande différence âpres la course a l'audimat .. Mais faire gagner du pognon a un pays qui traite les gens comme des moins que rien ,cela prouve bien que le fric a abolit une certaine morale .
Antoine P.
15.04.08 | 17h05
Mais faisons la même chose ! Arrêtons de consommer à 80 % Chinois !!! Je viens de découvrir que ma veste Ralph L. que je croyais américaine était chinoise...et il en est aini de tout le textile, de la plupart des meubles bon ou moyen marché, des babioles de bazar, de la verrerie, des couverts en inox de grande marque (française) vendus par un grand catalogue de VPC du Nord... Tout ce que l'on consomme est chinois... Aberrant !
SERGE G.
15.04.08 | 17h06
Un détail m'intrigue : sur les vidéos et photos de l'athlète Jin Jing malmenée par des manifestants, n'apparaît aucun des cerbères chinois ; ceux-ci ont pourtant protégé la flamme de manière très rapprochée pour les autres relayeurs. Quelqu'un a-t-il, pour cette absence, une autre explication qu'une tentation des organisateurs chinois d'aider un peu à la fabrication d'une héroïne exemplaire ?
Orlando D.
15.04.08 | 17h07
Voilà une réaction hypocrite de la Chine. Cela nous montre bien à quel point notre pays est démuni. Marchés et contrats, le gouvernement chinois fait la pluie et le beau temps de l'économie française. C'est B.Arnault qui va être heureux! Et les médias manipulés. Mettre une escrimeuse handicapée malgré les risques connus liés à la flamme. Désormais, on peut afficher le symbole monté de toute pièce. Une athlète chinoise infirme en proie à un violent agresseur tibétain... un chinois déguisé !
Christian I.
15.04.08 | 17h14
$ 150.00 OU € 150.00 c'est un bon salaire de parité en Chine. 40 à bosser dans 45 mètres carrés: on se croirait dans les sous-sols du Sentier...
François F.
15.04.08 | 17h18
Après la campagne antijaponaise, voici la campagne antifrançaise : on voit bien, maintenant, (pour ceux qui ne le savaient pas) quel est le vrai visage de la République populaire de Chine.
Baader
15.04.08 | 17h23
J'aurais bien aimé voir toutes ces belles protestations lors du Salon du Livre avec Israël comme invité d'Honneur, l'occupation et la colonisation israélienne en Palestine ne sont à mon avis pas moins pires que celles chinoises au Tibet, appeler au boycottage du Salon était assimilé à de l'antisémitisme, par contre appeler au boycott des JO en Chine passe assez bien, cherchez l'erreur.. Mais bon la Palestine n'a pas son Richard Gere..
Dao B.
15.04.08 | 17h24
C'est un peu facile de critiquer la Chine et sa politique sachant que nous avons de nombreux patrons francais qui multiplient les profits la-bas. On devrait peut-etre nettoyer devant notre porte avant de nous laisser emporter dans un elan anti-chinois qui d'ailleurs nous arrange bien, nous les zozos de Zoé. Ce géant chinois qui fait peur, que nous ne voulons pas comprendre.
Benjamin
15.04.08 | 17h36
Rappelons, pour garder bonne mesure, que la Chine a davantage besoin de nous que l'inverse.
ylandot
15.04.08 | 17h36
Emile -> Et qui se soucis d'eux (les handicapés chez nous lorsque nous achetons nos produits made in China ? Nous ne sommes pas mieux sous prétexte que nous sommes le "pays des droits de l'homme". Une chose est certaine, en s'attaquant à cette jeune chinoise ... même si la cause est juste, le moyen employé n'a fait qu'appauvrir le message que l'on tente de défendre. En son temps, le geste de John Carlos (article du Monde de ce jour) avait bien plus de dignité et donc d'impact.
Ric34
15.04.08 | 17h38
Chacun sait que les forums Internet sont étroitement contôlés par le pouvoir en Chine. Cet appel au boycott de nos produits est donc une réplique des autorités communistes. Renvoyons leur l'ascenseur en boycottant les produits chinois importés en Europe !
souvnir
15.04.08 | 17h38
Tout ça ne va pas arranger les affaires de nos architectes à la recherche des gros marchés de la construction en Chine.
Jens
15.04.08 | 17h47
Ca fait plus de deux ans que je boycotte tout produit importé de Chine (quand on peut le savoir). Jusqu'à présent, cette attitude était motivée par la mauvaise qualité de ces produits, voire leur dangerosité. Quelle que soit la motivation, si ne serait-ce que 25 % des Européens commencent à faire comme moi, ça va vite faire mal à la Chine. Ils ont beaucoup plus à perdre que nous à ce petit jeu !
Tom
15.04.08 | 17h47
Si j'ai bien compris, la flamme n'a pas été très bien reçue à Londres ou aux Etats-Unis non plus. Et la France serait la seule victime de la vindicte chinoise? J'ai comme un doute, est-ce qu'on ne ferait pas un peu de la persécution? Par ailleurs, on comprend que le spectacle n'ait pas été à leur goût. C'est ça une manif, prendre le risque de déplaire à certains.
hengxi47
15.04.08 | 17h51
Pour François F.: désolé mais un peu de sérieux, la campagne anti-chinoise dure depuis des mois. En plus, nous sommes un grand pays à l'économie lorissante qui peut en remontrer à beaucoup donc quelques conserves en moins, ce n'est pas bien grave. Bon, c'est sûr si après il y a les réacteurs nucléaires, ce sera plus gênant mais on pourra les vendre à l'Iran ou l'Irak, on sait faire. Et puis si l'on a des bateaux de guerre, on pourra se tourner vers Taiwan, on a un certain savoir faire là aussi
Philippe B.
15.04.08 | 18h31
Il y a une information importante à noter, apparue sur certains sites japonais, notamment. L'agresseur de l'athlète handicapée était un chinois. Voir ici : http://jp.epochtimes.com/jp/2008/04/html/d32396.html
Candide
15.04.08 | 18h48
Ben oui quoi, tout ce cirque pour la malheureuse agression d'une sportive en fauteuil roulant, ils se prennent pour qui ces chinois ? Ils ont pourtant pu apprécier de visu notre haut degré de civilisation quand on a été dévaster le Palais d'été, sans parler de notre oeuvre civilisatrice dans nos colonies et ailleurs. N'ont-ils pas compris que nous sommes le bien et eux le mal absolu ? Bon, pas grave, ils ne sont qu'un milliard et des poussières !
Shanghai 2010
15.04.08 | 18h49
Qu'attendons-nous pour nous retirer de l'exposition universelle de Shanghai 2010 ? Nous ne ferions que copier les Etats-Unis qui n'y seront pas présents, et cela épargnera 50 M euros au contribuable ... OUI au boycott de SHANGHAI 2010 !
stephane C.
15.04.08 | 19h02
La republique democratique de chine a un regime hors du temps ... totalitarisme et capitalisme on donné naissance à un monstre ! Luttons !
PrometheeFeu
15.04.08 | 19h25
@hengxi47: Je me permet de vous rappeler que la Chine ne pourra pas attaquer Taiwan sans déclarer la guerre aux EUA. Si c'est leur désir, après tout, c'est leur droit. Quand a vendre des réacteurs nucléaires à l'Iran ou l'Irak, je ne vois pas comment l'Iran payerait. (Sans compter la riposte Israélienne) Et l'Irak étant un nouvel état américain, (quoi que turbulent) je ne suis pas sur que la Chine soit pour... La Chine est coincé stratégiquement. Tout mouvement lui ferai plus de mal qu'a nous.
Zhang
15.04.08 | 19h54
Suite de ma réaction précédente. Il y a eu de meilleurs moments entre la France et la Chine. Je suis triste de constater une incompréhension totale (ou presque) pendant cet épisode entre les deux parties. La France a été considérée comme le pays le plus apprécié des chinois dans le monde, pendant ces dernières années, les résultats des sondages à l’appui. Et maintenant, certains français appellent au boycottage de la Chine, et s’étonnent quand des chinois font la même chose; et inversement.
grandjp
15.04.08 | 21h05
Chinois ou Français, pourquoi tomber dans le piège du nationalisme ? pourquoi blesser le sentiment des Chinois : mal informés (comme certains Français, d'ailleurs) ils subissent l'influence d'une idéologie. Ce sont les dirigeants chinois qui sont vraiment critiquables et les instrumentalisent. Deux coqs montés sur leurs ergots ne donnent pas l'image d'une grande intelligence. Parlons des faits : les jeux olympiques sont évidemment un enjeu politique et M.Rogge rêve.
Philippe B.
15.04.08 | 21h12
Zhang, détrompe-toi, il n'y a quasiment pas de sentiment anti-chinois, ou alors de manière isolée. Le plus gros du ressentiment se tourne vers le gouvernement chinois, raide comme un piquet et toujours prêt à fermer les portes au dialogue lorsque le besoin est le plus pressant. S'il y a des imbéciles pour généraliser à tous les chinois, c'est dommage, mais je trouve la campagne anti-France bien plus agressive et nationaliste.
DarKvaDeHorS
15.04.08 | 22h34
Pas de sentiments anti-chinois? Peut-être! Toujours est-il que dans la réalité les choses ne sont pas perçues telles quelles!! Les chinois ont découvert les manipulations de l'information à travers des images déformées ou tout simplement fausses. Les chinois constatent que même Le Monde -le journal dit de référence...- ne nous a pas sorti d'articles complets sur l'histoire du Tibet en Chine. Nos journaux ont une idée fixe et ils ne veulent pas en démordre. Cela fait tâche.
DarKvaDeHorS
15.04.08 | 22h39
Par ailleurs, je ne crois pas que la Chine est grand chose à perdre avec un éventuel boycott des produits chinois en France, pour la simple et bonne raison que nous avons un problème de pouvoir d'achat... C'est peut-être une bonne idée de le rappeler à certains...
Pour Oriflam
15.04.08 | 22h48
Si la présence de 10 policiers chinois sur le sol Français durant la sortie de la flamme vous a choqué. Que devraient dire les Chinois de la présence de l’armée Française en Chine au 19ieme et 20ieme siècle ? La France n’était pas venue juste pour un jogging …
Claude D.
15.04.08 | 23h00
@Philippe B. Ce que vous avez trouvé est très intéressant, ça vous donne droit à un job au Monde (s'il survit à sa médiocrité actuelle). Le reportage japonais montre cet homme cheminant tranquillement au milieu de sympathisants de la Chine (voyez leurs drapeaux); rapprochez cela de l'observation faite par d'autres que les "hommes en bleu" semblaient ne pas assurer de protection rapprochée de Jin Jing. L'idée se fait jour que l'"agression" est montée de toutes pièces par les services chinois.
christian s.
15.04.08 | 23h11
Il faut dire et redire à nos amis chinois , peuple de vieille culture et pleine d'humour , que les français aiment le peuple chinois , mais que pour la plupart , ils détestent les dictateurs communistes chinois qui oppriment le peuple chinois . Ceci étant dit , honte au malotru-quelquesoit sa nationalité- qui a osé molester une handicapée, et outre son acte odieux il a donné un prétexte aux dirigeants chinois pour faire un écran de fumée sur la contestation de leurs méthodes.chrismex
JeanNoël René C.
15.04.08 | 23h28
Comment penser une seconde à la crédibilité de la Chine et son parti parti copie conforme des Hitlériens n'a que faire du monde ! c'est l'implosion dans cette Chine sanguinaire ...le peuple est à plaindre plus qu'autre chose , manipulés comme des toutous ... pauvre peuple ... il leur faudra beaucoup d'années pour comprendre ... hélas ... !
ptigiga
16.04.08 | 02h03
Quand l'Ocident parle des Droits de l'Homme, il ferait bien de nettoyer devant sa porte. C'est cette arrogance du puissant qui est insupportable à beaucoup. Si cette violation flagrante des DdlH (guantanamo par ex.) est étasunienne, on garde profil bas et on ne boycotte pas, à ce que je sache.Si la presse chinoise est menteuse manipulatrice, que penser alors de Fox News ou TF1? Alors, discutons avec les Chinois au lieu de leur donner des leçons(qui les font bien sourire au regard de L'Histoire)
Souaitonlheur
16.04.08 | 08h47
Avec notre Sénat toujours de même tendance, notre assemblée de députés cooptés et mal élus (plus de 145), notre président bling, je ne peux reprocher aux Chinois de résister à l'implantation de Carrefour qui est ce que nous avons produit de pire pour ficeler la structure en France. En Chine, il n'y a qu'un seul vice : le parti communiste à l'avant garde des masses. Où est la paille ou est la poutre? Où sont l'idiot, le doigt, la lune? Nous sommes mal placés avec notre opium national : l'alcool.
Solemnis
16.04.08 | 09h47
Et voilà, une dictature effroyable, responsable de génocides à répétition, donne une leçon de droits de l'homme à la France. Ce serait à mourir de rire si les prisons chinoises n'étaient pas remplies de défenseurs des libertés. L'affaire de la jeune handicapée est un coup monté grossier et l'on se retrouve à gloser sur la situation de la société occidentale. Mais que disent Tf1 et Fox News à ce sujet?...
JUAN H.
16.04.08 | 10h25
À tous ceux qui nous conseillent de «nettoyer devant notre porte» : en Chine «dite communiste», cet «eldorado économique» encensé par les néolibéraux, on exécute 24 personnes par semaine, en moyenne !... pour des motifs qui, le plus souvent, n'ont rien de criminel : des moines tibétains emprisonnés lors des dernières manifestations risquent, ainsi, la peine capitale !... Cessons donc de trouver des excuses à l'empire chinois et assumons, courageusement et dignement, cette campagne antifrançaise.
super+k
16.04.08 | 11h21
Coup monté ou pas, les manifestants ont dérapé avec cette histoire que nos amis chinois ne manquent surtout pas de monté en épingle. La Chine a sorti près de 300.000.000 de personnes de l'extrème pauvreté en 20 ans! Ils ont encore des progrès à faire sur le terrain des droits de l'homme. Et nous devons maintenir la pression sans être débiles et sortir le mot boycott à tout va. Les premiers en souffrir seraient les chinois les plus vulnérables. Comme toujours.
http://kamizole.blog.lemonde.fr
16.04.08 | 12h51
Je demande à voir, vraies stats à l'appui, où sont les 300 millions de personnes que la Chine a sorti de la misère. Combien d'autres y sont rentrées grâce à leur politique industrielle dévastatrice ? Je remarque que ce n'est pas un(e) Français(e) qui a malmené cette athlète handicapée. Perso, j'aurais préféré que personne ne s'attaque physiquement à la flamme. Se contenter de huer et conspuer. On aurait bien vu si les flics français et les "robots bleus" chinois eussent été aussi virulents !
Luna
17.04.08 | 11h07
Et si la Chine a une face noire comme tout pays, elle a aussi des villes épatantes, dynamiques, aux services bien plus performants qu'en Europe, avec des motos électriques non polluantes (par ex. à Kunming dans le Yunnan, modeste ville de 6 millions d'hab). On n'a aucune leçon à donner à la Chine !! et je suis pour le boycott de Carrefour, dont les conditions de travail et de négociation avec les fournisseurs ne sont pas franchement exemplaires...
Romuald L.
17.04.08 | 11h26
En Chine, on a appliqué la théorie de l'évolution à l'esprit critique : un seul peuple est uni derrière le parti. Et les brebis galeuses sont priées de passer des années en taule ou de se faire tuer léagelement. Au moins, en France, l'esprit critique n'est pas réprimé. Beaucoup de français pointent, à juste titre, les faiblesses de notre pays et les épisodes peu glorieux de notre histoire. Est-ce qu'un chinois peut le faire en Chine? Je demande à voir!
totoolive
17.04.08 | 14h32
En trois mots, les Chinois pour la plupart sont pragmatiques, adorent le brillant et l'argent. Ils n'ont aucune religion ou objectif de vie a long terme, a part ce que tous les etres humains recherchent sur terre, un bon boulot, une famille heureuse et ne pas etre malade...Nous perdons notre temps en defendant un ideal de societe qui ne pourra jamais etre le leur! Pas de democratie ici! Projeter votre propre vision du monde pour les chinois est purement de l'Utopie!
Vérité
18.04.08 | 08h41
@totoolive: C'est presque cela. Ceci étant, la société évolue, même la rligion pourrait avoir un rôle dans des décennies voire plus. Les dialogues entre peuples sont bénéfiques à condition qu'ils soient de vrais dialogues, avec respect réciproque, basés sur les fait mais pas sur les mensonges et mépris comme c'était le cas sur le Tibet depuis. Une question, croyez vous que la vision du monde exprimée ici est juste ? Il me semble que c'est une vision du début du 20e siècle.
progres
18.04.08 | 08h53
@Remualde L. : Ce n'est pas la meme chose en Chine. En revanche, le gouvernement, l'assemblée proposent des objectifs et programmes de long terme, souvent avec des commissions (de vraies)d'experts pour que le pays prospere et que la vie du peuple s'améliore. Tout n'est pas rose, il y a bcp de problèmes dans les provinces isolées et la richesse mal distribuée (le pouvoir d'achat s'améliore mais moins vite qu'ailleurs). Ce qui compte c'est le progres et la satisfaction du peuple.
Delta et Northwest vont donner naissance à la première compagnie aérienne mondiale (LEMONDE)
Delta et Northwest vont donner naissance à la première compagnie aérienne mondiale
LE MONDE | 15.04.08 | 08h27 • Mis à jour le 15.04.08 | 10h45
Les conseils d'administration de Delta Air Lines et de Northwest Airlines, respectivement troisième et cinquième compagnies aériennes américaines, ont officiellement donné leur feu vert à une fusion, lundi 14 avril dans la soirée, prélude probable à un vaste mouvement de restructuration du secteur aux Etats-Unis. Les experts notent qu'un rapprochement de Continental Airlines et de United Airlines pourrait rapidement se poser pour contrer le nouveau tandem.
Si les autorités de la concurrence valident ce rachat de Northwest par Delta, la nouvelle entité deviendra le premier transporteur mondial, selon le critère du nombre de passagers transportés, avec plus de 170 millions de voyageurs par an. Elle emploiera près de 85 000 salariés, dont 12 000 pilotes, s'appellera Delta, et sera basée à Atlanta, actuel siège de Delta. Elle sera dirigée par l'actuel directeur général de Delta Air Lines, Richard Anderson. La nouvelle Delta aura un chiffre d'affaires annuel supérieur à 35 milliards de dollars (22,1 milliards d'euros).
Dans un communiqué, les deux compagnies ont expliqué que la fusion les aiderait à "compenser la hausse des coûts du pétrole et à créer une compagnie plus forte, alors que les compagnies étrangères desservent de plus en plus les Etats-Unis". Cette fusion se fera par échange d'actions, les actionnaires de Northwest recevant 1,25 action Delta par action Northwest, soit un bonus de 17 % par rapport au cours de clôture de lundi soir.
Les conseils de Delta et Northwest ont finalement décidé de ne plus attendre, pour fusionner, un accord entre les pilotes des deux compagnies, au risque d'être confrontés à un conflit social. "Delta fera tous ses efforts pour parvenir à un accord commun avec les pilotes de Delta et Northwest sur les questions d'ancienneté avant que la fusion ne soit bouclée", précise le communiqué.
Il faut, en effet, que les syndicats de pilotes s'accordent, entre autre points, sur les listes de séniorité. Celles-ci, qui encadrent les carrières des pilotes au sein de chaque compagnie, sont établies à l'ancienneté. De la position sur la liste dépend le déroulement de la carrière du pilote, son salaire, le type d'appareil sur lequel il va voler, les "routes" sur lesquelles il va être affecté.
La crainte des pilotes de Delta Airlines, plus jeunes que ceux de Northwest, est de voir leurs futurs collègues prendre leur place sur des gros avions pour de simples raisons d'âge.
Les compagnies aériennes américaines, qui ont perdu globalement 35 milliards de dollars lors de la crise de cinq années qui a suivi les attentats du 11 septembre 2001, sont maintenant confrontées à la flambée du coût du kérosène. Delta et Northwest comptent aussi profiter de leur union pour réduire le nombre de vols et ainsi augmenter leurs tarifs. Elles veulent aussi résister à la concurrence que vont leur mener les transporteurs européens maintenant que le ciel transatlantique est ouvert.
Dans la fusion, Delta apporte son aéroport principal d'Atlanta, très dynamique, et ses liaisons transatlantiques et Northwest sa forte présence en Asie : la compagnie possède même un hub à Tokyo. Delta et Northwest estiment que leur mariage engendrera des synergies de coûts et de chiffre d'affaires d'1milliard de dollars.
"RESTRUCTURÉES EN PROFONDEUR"
Après les attentats du 11-Septembre, quatre des six plus grandes compagnies aériennes américaines avaient été placées sous le chapitre 11, la loi sur les faillites qui les met à l'abri de leurs créanciers. "Cette situation leur a été profitable", estime Didier Bréchemier consultant spécialisé dans le transport aérien au cabinet Roland Berger. "Elles se sont restructurées en profondeur et leur modèle économique est proche de celui des compagnies à bas coûts", ajoute-t-il.
Pour Olivier Fainsilber, expert du transport aérien chez le consultant en stratégie Oliver Wyman, le mouvement de consolidation aux Etats Unis est "inévitable" et la fusion Delta-Northwest devrait "rapidement en entraîner d'autres car chaque rapprochement baisse la probabilité que la consolidation suivante soit approuvée par les autorités de la concurrence". Il faut aller vite, d'autant plus que les échéances électorales aux Etats-Unis ne favoriseront pas les rapprochements et les réductions d'effectifs qui en découlent.
Les spécialistes du transport aérien relèvent qu'aujourd'hui, même si les effectifs des compagnies américaines ont baissé de près de 40 % et les salaires de 30 %, ces dernières ne sont pas pour autant tirées d'affaires. Notamment en raison de la hausse de la facture du kérosène : son montant global, selon l'Association internationale du transport aérien (IATA) qui regroupe la quasi-totalité des compagnies, est passé de 21 milliards de dollars en 2002 à 139 milliards de dollars en 2007.
"La consolidation est un moyen pour elles de peser sur les achats de kérosène et les commandes d'avions, note M. Bréchemier. Mais que l'on ne se trompe pas : les fusions ont un coût et sont parfois difficiles à réussir parce qu'elles nécessitent du cash. Chaque corps social de l'entreprise a ses attentes devant lesquelles il va falloir faire face, que ce soit les pilotes ou d'autres catégories de personnels".

